RCD, Ruberwa traduit en justice

Publié le par Congo Indépendant

C’est peut-être le point de non retour dans le conflit de leadership qui déchire le Rassemblement Congolais pour la Démocratie. Depuis jeudi jeudi 13 août, l’affaire est portée devant les cours et tribunaux de Kinshasa.

Le comité de crise présidé par Trésor Kapuku a assigné le camp adverse pour obtenir l’annulation en bonne et due forme des décisions de révocation et de cooptation de nouveaux co-fondateurs du parti, prises par Azarias Ruberwa à la veille de la date anniversaire de la création de l’ex rébellion, le 2 août dernier. L’ancien vice-président de la République tentait
ainsi de contrecarrer le désaveu de 38 des 44 membres co-fondateurs du parti, qui avaient désavoué son leadership semaines plus tôt. Motif : l’avocat s’accrochait indûment à la présidente, pourtant tournante du parti depuis 2005, année de la fin de son second mandat. Les révocations de Ruberwa sont jugées anti-statutaires.

« La cooptation irrégulière de membres du Collègue des fondateurs et l’exclusion cavalière des autres en violation flagrante des textes, est sans le moindre doute, une énième tentative qui cache mal les visées du camarade Azarias Ruberwa de se reconstituer une majorité alimentaire acquise à sa cause dans l’unique dessein de se maintenir à la tête du parti, alors qu’il a déjà été désavoué et que, du reste, le mandat dont il se prévaut n’est pas régulier », assure un communiqué rendu public à cet effet. Le 2 août, date anniversaire de la création du RCD, des sympathisants du Comité de crise qui s’étaient trop approché du siège du parti à la Gombe ont été mis aux arrêts sur ordre de Ruberwa. ET le comité de crise s’en est allé célébrer l’événement dans un bistrot de la commune de Lingwala.

Cela sentait déjà le roussi.

Sous les dehors d’une guerre de leadership entre un ou deux individus, c’est l’essence même de ce parti longtemps allié de Kigali qui se joue aujourd’hui. Le camp Trésor Kapuku, ce jeune gouverneur de la province du Kasai Occidental qui préside le comité de crise, lutte contre une tentative de réduction d’un parti politique à une ethnie et de sa lutte pour la conquête du pouvoir à un antagonisme ethnique. «On ne peut pas ramener les avantages d’un président de parti politique à des entrées dans les chancelleries occidentales », déplorait Kapuku au cours d’un meeting populaire à la Fikin. En fait, c’est toute la politique du RCD,depuis sa création, qui était ainsi désavouée en public : elle consistait, largement,à présenter une tribu, celle des banyamulenge, comme la bête noire de toutes autres tribus de la Rd Congo. Et dans une large mesure, à réserver les avantages politiques dus au parti à une élite tribale.On se le cache un peu moins aujourd’hui, au sein du comité de crise qui ne compte quasiment pas de membre cofondateur munyamulenge. Le parti n’est pas la représentation d’une ethnie.

C’est celle d’une mosaïque d’ethnies rd congolaises. Que Ruberwa et les 8 confondateurs du RDC qui lui sont encore fidèles l’entendent ainsi ou pas. Au-delà de la récusation des décisions de révocation et de cooptation des membres cofondateurs, l’assignation du 13 août appelle également la justice à constater la fin du mandat présidentiel de l’ancien vice-président de la République depuis 2005.

« Il n’existe, en effet, aucune décision de l’organe compétent,désignant formellement Monsieur Azarias Ruberwa à la tête du parti conformément aux dispositions des statuts en vigueur tels qu’amendés et adoptés en décembre 2005 », rappelait déjà la déclaration du Comité de crise du 17 juillet dernier.



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