Louis Michel encense Joseph Kabila

Publié le par Congo indépendant

L’ancien commissaire européen aux Affaires humanitaires estime que «Kabila est toujours l’homme de la situation» non sans émettre quelques réserves sur la qualité des hommes qui composent l’entourage présidentiel congolais.

Elu député européen aux dernières élections européennes, Louis Michel était, mercredi 30 septembre, l’invité de la toute nouvelle émission politique de la RTBF-Tv intitulée : «Répondez à la question». L’émission est animée par le duo de choc Johanne Montay et François de Brigode.

Après avoir évoqué les questions «domestiques» relatives notamment à l’état de santé du MR (Mouvement réformateur), les deux journalistes ont changé de registre vers la fin de l’émission. Joseph Kabila est-il capable de reconstruire l’Etat congolais ?, lance De Brigode. «Joseph Kabila est tout à fait capable de reconstruire l’Etat», répond le député européen. Et d’ajouter : «Le grand problème de la République démocratique du Congo est qu’il n’y a plus d’Etat.» N’êtes-vous pas entrain de faire preuve de romantisme? «Nullement, je suis un réaliste». François de Brigode revient à la charge. Joseph Kabila est-il encore l’homme de la situation ? «Je pense qu’il est encore l’homme de la situation. Mais il doit avoir un entourage volontariste…».

Les questions posées par ce journaliste de la télévision publique belge francophone sont révélatrices de ce qu’on pourrait appeler «l’humeur du moment» au sein de l’opinion belge. Après avoir été «adulé» en Occident en général et en Belgique en particulier, le «raïs» congolais semble vivre une période de vaches maigres au plan de l’image. L’hebdomadaire «Le Vif/L’express» a été le premier, dans un reportage intitulé «Kabila n’est pas Obama», à décocher des critiques sur la gestion du pays trois ans après les élections de 2006. Le magazine d’ironiser sur les fameux «Cinq chantiers du chef de l’Etat» tout en critiquant Kabila pour son mutisme assourdissant. Tout récemment, le quotidien flamand «Het Belang van Limburg» titrait à sa Une : « La RD Congo est une caricature d’Etat de droit». Le journal évoquait notamment les intimidations subies par les défenseurs des droits humains. Louis Michel paraît décidé à rester «cohérent» avec lui-même.

Lors de l’élection présidentielle démocratique de 2006, Louis Michel, alors commissaire européen, n’avait pas fait mystère de sa sympathie pour Joseph Kabila. Une sympathie qui l’a poussé à «décréter» la prohibition de certains thèmes lors de la campagne électorale. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire «Jeune Afrique», en mai 2006, l’ancien chef de la diplomatie belge bannissait tout débat sur les origines ou le parcours personnel de président-candidat Joseph Kabila. C’est la fameuse «Congolité», assimilée à de la xénophobie qui, elle, signifie l’hostilité manifestée à l’égard de l’étranger. Un aveu de l’infiltration des institutions politiques congolaises par des sujets étrangers?

Louis Michel avait fait encore «mieux» en déclarant, le 18 juin 2006, sur le plateau de la télévision ces mots : «Kabila représente l’espoir pour le Congo». Cette petite phrase n’avait pas manqué de choquer plus d’un Congolais de la diaspora surpris par cet éloge qui ne se fonde sur aucun élément objectif quantifiable sur le terrain. Alors que le pouvoir paraît impuissant face à l’insécurité et l’instabilité qui fait rage dans les provinces du Kivu et dans la Province orientale. Sans omettre les contre-performances en matière économique et sociale ainsi que la corruption qui gangrène les institutions du pays.

La sortie médiatique de «Tonton Michel» sur RTL a engendré une «grave incompréhension» (c’est un euphémisme) entre les libéraux francophones et certains segments de la communauté congolaise de Belgique. Il n’est pas exclu que cette incompréhension se transforme en une divergence fondamentale après la prestation de mercredi à la RTBF.

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