Alors que les irrégularités font réfléchir/Dossier Bemba : la CPI éclaboussée par une autre contradiction

Publié le par Le potentiel Rdc

C'est le Président sud-africain Jacob Zuma, qui a jeté le pavé dans la mare. Il a affirmé devant la presse n'avoir jamais été saisi officiellement de la demande d'accueillir Jean-Pierre Bemba sur son sol.

C'était à l'occasion de la visite officielle de Joseph Kabila à Pretoria,, la semaine dernière, dans le cadre de la commission mixte RDC-Afrique du Sud. Sur le champ, la révélation n'a pas suffisamment fait sensation. La pression de l'actualité ayant réussi à occulter un dossier réputé palpitant pourtant. Mais, une semaine après, les gens commencent à s'interroger sur le comportement équivoque de la Cour Pénale Internationale de Justice.

Comment la RSA n'a-t-elle jamais été saisie officiellement du dossier Bemba ? A qui incombe la lourde faute d'omission ? Que l'on sache, la procédure en la matière est fort simple. L'accusé, par son conseil interposé, possède la latitude de désigner une série de pays où on peut s'estimer en sécurité durant sa mise en liberté provisoire. Sur la base de cette prérogative lui révolue par le statut de Rome, Bemba a déjà eu à s'acquitter de son obligation. A travers les membres de sa défense.

Ainsi, on sait que son pays de prédilection était le royaume de Belgique. Il y entretient plusieurs activités personnelles, sans compter que sa famille, en particulier ses enfants, y évoluent. Mais, pressentant sans doute le refus de l'ancienne métropole, le leader du MLC avait jeté son dévolu sur plusieurs autres pays. Avec cependant un accent particulier sur l'Afrique du Sud où il était sûr de trouver un élan de solidarité à sa cause.

A ce propos d'ailleurs, plusieurs analystes avaient estimé que le pays de Mandela représentait l'unique planche de salut pour l'enfant terrible de l'Equateur. Ils en voulaient pour preuve l'élan de sympathie manifesté par ce pays au lendemain des affrontements meurtriers entre l'armée régulière et la garde approchée de Bemba en mars 2007. La résidence de l'ambassadeur sud-africain avait offert, contre tout, l'asile au « wanted » de l'époque. C'est de là qu'il a littéralement été exfiltré vers le Portugal sous une forte escorte de la Monuc. Pour l'avoir déjà fait une fois, nul ne doutait de la disposition de Pretoria à accueillir Bemba sur son sol. Fort de cette assurance, la défense de ce dernier avait assuré compter désormais sur la Nation arc-en-ciel. Trahison ?

Mais voilà que cette dernière n'a jamais été saisie officiellement par la CPI. A en croire Jacob Zuma du moins. Le ton utilisé par le numéro un sud-africain pour se dédouaner sur la question n'a laissé planer aucun doute sur l'issue de l'affaire si son pays était officiellement saisi. A entendre Zuma, en effet, on a l'impression que l'Afrique du Sud était prête à ouvrir ses portes au prévenu de La Haye. Simple effet de manche ou sincérité d'un homme d'Etat connu pour son franc parler déroutant ?

Toujours est-il que la CPI devra s'expliquer sur cette affaire devant l'opinion publique. Car, en omettant de saisir l'Afrique du Sud, si omission il y a eu réellement, la Haute Cour a causé un sérieux préjudice à Jean-Pierre Bemba. Elle ne saurait jamais prouver qu'elle a peut-être fait rater à celui-ci une occasion irrécupérable de bénéficier de la liberté provisoire.

Déjà cette irrégularité fait jaser. Dans plusieurs milieux, on commence à se convaincre que la CPI joue à fond le jeu de l'accusation. Tout se passe comme si elle accorde plus de crédit à Moreno et à son équipe qu'à la défense. Sinon, conclut-on dans ces mêmes milieux, comment comprendre la tournure que les événements sont prise à La Haye ?

L'appel de Moreno contre la mise en liberté provisoire de Bemba n'avait aucun effet suspensif du processus. Mais, contre toute attente, la Cour d'Appel de cette Cour a mis momentanément fin au processus. Pendant ce temps, la CPI qui avait promis d'organiser des séances de confrontation avec las pays proposés à accueillir Bemba, n'émet plus aucun son sur la question. Au contraire, on assiste déjà à la saisie conservatoire des avoirs du prévenu.

La messe de Bemba est-elle déjà dite avant même sa célébration ? On le saura lorsque la vérité va éclater concernant les déclarations de Jacob Zuma"


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