Boulevard Lumumba : démolition des stations d’essence

Publié le par congo indépendant

L’ultimatum de Kimbuta ayant expiré le samedi 06 février 2010, les bulldozers de l’Hôtel de ville ont immédiatement marché sur les stations-services Enghien (ex-Shell) et Sonangol implantées à la 4ème et 5ème rues Limete. S’il est vrai que cette décision entre dans le cadre de la réalisation du volet infrastructures des cinq chantiers de la République, imaginez les conséquences qui en résultent.

Dans le cadre du réaménagement du boulevard Lumumba, les bulldozers de l’Hôtel de Ville sont en pleine action. Expropriés, les propriétaires des stations-services, hôtels, restaurants, terrasses, écoles, formations médicales, garages, magasins, dépôts et habitations sont aux abois et ne savent plus à quel saint se vouer. VLoin de nous opposer à l’initiative mais l’on se pose la question de savoir si cette opération répond aux critères d’expropriation. L’autorité urbaine se soucie-t-elle des conséquences qui en résultent ?

L’opération de démolition des stations-services sur le boulevard Lumumba est très mal perçue par la population qui estime qu’à travers la décision de l’Etat-propriétaire, elle est quelque peu exposée à l’insécurité. Nous sommes sans ignorer que, faute de moyens suffisants, bon nombre de conducteurs n’arrivent pas à faire le plein de leurs véhicules. Et, dans la plupart des cas, ce sont les transports en commun. Ces derniers s’approvisionnent en carburant en très petite quantité. Donc, la multiplicité des stations-services le long de principales artères de la ville les arrangeait. Maintenant qu’on les démolit, les véhicules connaîtront régulièrement de panne sèche. Et, en parcourant de longues distances à pied, la population est simplement en danger.

DE L’INDEMNISATION DES VICTIMES

D’une manière générale, la culture d’indemnisation des victimes n’existe pas en République démocratique du Congo. Et comme le souligne notre confrère Le Phare, depuis le démarrage des 5 chantiers à Kinshasa, il n’a été signalé aucun cas de compensation financière d’une maison, d’une boulangerie, d’une polyclinique, d’une école, d’une bureautique, etc. L’Etat-propriétaire se comporte en véritable gangster foncier. Et pourtant, parmi les victimes, on retrouve des honnêtes gens détenteurs de documents authentiques délivrés par les services compétents. Cela suppose, comme le recommande le Code foncier, que des enquêtes commodo et incommodo ont été menées au préalable. Aujourd’hui, ils tombent sous le coup de la loi sans s’attendre à quoi que ce soit. Imaginez ce que cela représente dans le mental de ce genre des personnes. Il faut craindre le risque des suicides lorsque l’opération de démolition atteindra le niveau des quartiers populeux situés le long du boulevard Lumumba dans les communes de Masina et Kimbanseke.

Lors de la démolition de certaines constructions érigées le long de l’avenue Tourisme à Kinsuka/Pompage, dans la commune de Ngaliema, le directeur de l’Agence des Grands Travaux a déclaré qu’aucune des victimes ne sera indemnisée. Cela prouve à suffisance la mauvaise foi de l’Etat. Jusqu’à ce jour, par exemple, les victimes du crash d’avion du 8 janvier 1995 sont abandonnées à leur triste sort, bien qu’elles aient eu gain de cause au niveau de la justice.

QUID DU BEAU ?

La ville de Kinshasa dispose d’un service qu’elle n’utilise pas. Il s’agit du Bureau d’Etudes et d’Aménagement Urbain (BEAU). A ce niveau, il existe un plan d’aménagement urbain conçu depuis plusieurs années.

Bien que la République démocratique du Congo vive l’ère des 5 chantiers de la République avec le concours de la Chine, l’apport du BEAU serait aussi bénéfique. Or, l’impression qui se dégage est que cet important service d’Etat est dans les oubliettes, d’autant plus que son implication d’antan n’est plus visible sur le terrain.

Nous osons croire que l’expertise du BEAU sera prise en compte concernant l’auto-route qui partira de Limete/Funa à Mongata. Car il dispose en sein des cadres congolais rompus en matière d’aménagement d’une ville.

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