La fiabilité des informations reçues de (et sur) la province de l’Equateur

Publié le par Congo indépendant

Info ou intox ? Tel est le dilemme dans lequel nous enferment souvent les médias dominants et apparentés. A lire certains de ces médias entre les lignes, il se dégage une thèse sur laquelle ils sont fondés : «Pour qu’une information soit crédible, elle doit être donnée par nos journalistes ou ceux qui leur ressemblent. Dans le cas contraire, c’est de l’intox. Car il n’y a que nos sources qui sont fiables.»

Les partisans des médias alternatifs ne croient pas dans cette thèse dans la mesure où ils sont découverts que la plupart de médias dominants et apparentés sont financés par les multinationales participant de la guerre entretenue par le capitalisme du désastre. Se servant des NTIC, des témoins du terrain et des investigations menées sur le temps, les médias alternatifs ont refusé d’être les relais de la pensée (capitaliste) unique telle qu’elle est propagée par les médias dominants. Ceci crée une guerre médiatique qui ne dit pas son nom.

Le cas de la guerre qui sévit au Nord de notre pays s’inscrit dans la logique de cette guerre médiatique. Les sources des médias alternatifs sur cette guerre sont tournées en dérision par les journalistes des médias dominants et apparentés. Pour cause. Ils se rendent de plus en plus compte qu’ils peuvent être contournables et leurs sources limitées. Voilà ce qu’ils n’acceptent pas. Et pourtant, le cas de la guerre de l’Equateur est un exemple patent de la diversité des sources auxquelles ceux qui veulent en savoir plus peuvent aller puiser.

Des sources dignes de foi, il nous revient qu’à Dongo et à Gemena, la situation sécuritaire est instable depuis l’attaque des éléments du bataillon Cobra. Cette attaque date du 26 novembre 2009. Le 5 décembre, les «Patriotes Résistants» ont forcé les FARDC cherchant à reconquérir Dongo à s’enfuir. Les habitants de Kungu ont vidé leur territoire à l’annonce de l’arrivée imminente de ceux que le pouvoir de Kinshasa qualifie de «bandits». Les forces de sécurité aussi. A la même date, les éléments de la police nationale se trouvant sur ce territoire sont partis pour Gemena.

Selon nos sources, jusqu’à cette date du 5 décembre, les FARDC étaient incapables de faire face aux «Patriotes Résistants» par manque de moyens logistiques. Rejoints par plus ou moins 500 autres éléments le 7 décembre, ces FARDC ne semblaient pas avoir résolu la question de la logistique. Dans l’entretemps, les «Patriotes Résistants» auraient occupé plusieurs localités et avanceraient vers Gemena.

Avoir une information fiable est un droit citoyen. Cela peut n’avoir rien à faire avec le fait de partager ou pas l’option levée par les «Patriotes Résistants». Et puis, au sujet de cette option, plusieurs d’entre nous y lisent un acte de légitime défense face à l’entretien de la guerre d’agression chez nous et à la dérive autoritaire du pouvoir de Kinshasa. D’autres y voient la réalisation des promesses faites par certains compatriotes interprétant l’accès de certaines «marionnettes des multinationales» et de quelques «pantins» du Rwanda au pouvoir au Congo comme étant une imposture à combattre par les armes pour la libération totale du pays. D’autres encore estiment que c’est une régression pour un pays ayant des institutions républicaines depuis 2007 que de renouer avec la guerre, etc.

Au sujet de cette option, les points de vue diffèrent, souvent, selon que l’on a accepté le processus initié chez nous par «les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent» depuis les années 90 ou pas. Le débat reste très ouvert. Il est par exemple très difficile de convaincre ceux d’entre nous qui croient déceler dans plusieurs actes posés par le pouvoir de Kinshasa depuis 1997 jusqu’à ce jour des signes de trahison de la cause congolaise de renoncer à l’option des armes. Pour eux, il n’y a que le langage des armes qui peut conduire à la récupération de la souveraineté trahie. Ils vous disent : «Nous, Congolais(es), n’acceptons plus d’être dominés.» Auront-ils le dernier mot dans ce qui se passe au Nord de notre pays? L’avenir nous le dira. Même si, de plus en plus, la question de savoir «qui est derrière les "Patriotes Résistants" risque de faire couler beaucoup d’encre dans les jours et les mois à venir. Cela à cause de la peur que les mêmes demeurent aux commandes et agitent «les acteurs apparents» et interchangeables.

La RD Congo va-t-il finir par sortir de l’auberge? Tend-il vers sa totale somalisation par le pouvoir ensorceleur du capitalisme sauvage? Les Congolais(es) qui aiment leur pays ont-ils dit leur dernier mot? L’avenir nous le dira.

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