Le pavé du n°l de la Monuc- Dongo : ça sent mauvais

Publié le par le potentiel Rdc

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RD Congo, Alan Doss, a animé hier son dernier point de presse de cette année 2009 au quartier général de la Monuc. Parmi les points ayant focalisé l'attention des professionnels des médias, la situation trouble à Dongo (localité de l'Equateur) a pris une place prépondérante. A ce sujet, le patron de la Monuc s'est empressé de déplorer la violence et les pertes de vie, autant de la population civile que des agents de la police.

« S'il y a des doléances, il y a des procédures à suivre...» a-t-il clamé, avant d'ajouter qu'il y a nécessité que l'autorité de l'Etat soit restaurée. Concernant l'identité des assaillants et leur motivation exacte, Alan Doss a souligné que seul le gouvernement peut répondre à cette préoccupation. Quant à lui, il sait que ces éléments ont des armes de guerre et non des coupe-coupe et autres armes blanches, comme d'aucuns le croiraient. Et pour preuve, il y a une dizaine de jours, ils ont tiré sur un hélicoptère de la Monuc. « Plusieurs rapports font état d'armes lourdes. Nous attendons le rapport du commandant de la force de la Monuc, le général Babacar Gaye, qui est déjà à Gemena où la Mission renforce sa présence. Nous devons être prêts face à toute éventualité car ce n'est pas un petit incident...». Avouant que jusque là la Monuc elle-même cherche à mieux comprendre la situation,

Alan Doss a révélé qu'il a eu des entretiens avec les responsables du comité de sécurité (Ministères de l'Intérieur, de la défense, PNC etc.) afin d'évaluer la situation. L'essentiel maintenant, a-t-il conclu, c'est de stabiliser la situation et de faire transmettre un message de fermeté à ceux qui y sont impliqués.

Dans un autre chapitre lié aux actes de pillage perpétrés, le week end dernier, à Kibati (Nord-Kivu) par des anciens éléments du mouvement rebelle CNDP de Laurent Nkunda, intégrés au sein de l'armée loyale, Alan Doss a dénombré ces déserteurs entre 120 et 140 hommes. Ceux-ci, poursuit-il, ont pillé les bases des FARDC à Kibati, avant de s'enfuir. Pour ce .qui est de leur motivation, il a préféré orienter les journalistes vers les autorités nationales. Il en est de même pour l'épineuse question de la livraison du général Bosco Ntanganda à la justice.

Toutefois, a rappelé le patron de la Monuc, le processus d'intégration des groupes armés a été adopté depuis l'accord de Sun city. « En partie, c'est le prix de la paix, car depuis 1998, plus de 50 groupes armés ont été absorbés par les FARDC. Il faut aujourd'hui aller dans la professionnalisation de cette armée, malgré les innombrables difficultés ». Pour les 6 prochains mois, la Monuc s'attachera davantage à la protection des civils, l'aide aux FARDC, l'aide à la stabilisation et à l'extension de l'autorité de l'Etat etc.

Enfin, à propos du bilan qu'il fait de l'opération « Kimia II », Alan Doss a préconisé une approche multiforme face aux rebelles rwandais des FDL.R qui sont, du reste, très enracinés sur le sol congolais. D'où le coup de chapeau qu'il a lancé à l'endroit des autorités allemandes qui ont lancé un signal significatif aux autres partenaires de la communauté internationale en mettant aux arrêts quelques leaders des FDLR.

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