Tirs nourris à Mbandaka

Publié le par Le potentiel Rdc

Panique hier à Mbandaka. Des tirs nourris ont été enregistrés au courant de la journée de mardi. Situation a nécessité une motion d’information à l’Assemblée nationale et provoqué la plénière d’hier. La situation est donc inquiétante au moment où la tension est vive dans la province de l’Equateur avec les incidents de Dongo pendant que la campagne électorale bat son plein dans la perspective de l’élection du gouverneur et vice-gouverneur de cette province.

Le président de l’Assemblée nationale, professeur Evariste Boshab, a suspendu la plénière d’hier mardi de l’Assemblée nationale. En effet, à la suite d’une motion d’information du député François Mwamba, secrétaire général du MLC, faisant état de tirs nourris autour de la résidence du vice-gouveneur de l’Equateur mais candidat à la succession de l’ancien gouverneur José Makila, ainsi que celle d’un autre candidat, Bolenge, récemment exclu du MLC, il a été décidé de suspendre les travaux de la plénière d’hier. Une plénière tant attendue tant elle intervient après la pause décidée par le Bureau de l’Assemblée nationale, de concert avec la Conférence des présidents pour permettre aux différentes commissions ad hoc de l’Assemblée nationale de travailler dans la sérénité. Malheureusement, cette plénière a été suspendue, en attendant des amples informations de la part du ministre de l’Intérieur.

Effectivement, Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, a connu une journée agitée. Des tirs nourris ont été entendus dans le chef-lieu de la province de l’Equateur, semant ainsi la panique au sein de la population. Selon les différentes sources jointes par le journal Le Potentiel, il s’est agi des éléments démobilisés par le CONADER qui réclament le paiement de leurs droits. Dans leur élan de colère, ils ont pris en otage le colonel chargé du paiement de leur solde.

Appelés à la rescousse, les policiers sont intervenus et ont commencé à tirer en l’air pour disperser les manifestants. Il se fait que le théâtre de la manifestation est situé près du parc de Mbandaka et le siège local de la Banque centrale du Congo. C’est dans ce périmètre que le candidat Bolenge a installé son quartier général.

Ces tirs nourris ont donc semé la panique au sein de la population de Mbandaka emballée par la campagne électorale devant aboutir à l’élection du gouverneur et vice-gouverneur de cette province.

Bien gérer les démobilisés

En attendant que le ministre de l’Intérieur donne la version exacte et officielle de cette fusillade, il y a lieu de s’en tenir à la première version. Celle de la colère des « démobilisés » qui ont été jusqu’à prendre en otage un officier des FARDC pour obtenir gain de cause.

En effet, ce n’est pas la première fois que des démobilisés descendent dans la rue pour manifester avec violence leurs droits. Il ne se passe plus un mois sans que l’on enregistre des revendications de ce genre et des manifestations dans plusieurs coins de la République. Cette situation exige que le gouvernement prenne des dispositions qui s’imposent dans le but d’encadrer ces démobilisés et surtout de les gérer jusqu’ à leur insertion au sein de la société civile. Dans le même ordre d’idées, prendre effectivement en compte leurs doléances en vue d’éviter ce genre de désagrément aux conséquences imprévisibles.

Effectivement, on peut s’interroger sur la coïncidence de cette manifestation au moment où toute la province de l’Equateur est en pleine campagne électorale. Celle-ci doit prendre fin ce mercredi afin de permettre l’organisation de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province de l’Equateur.

Cette élection qui interviendra le 13 novembre est déjà caractérisée par une vive tension dans la province et au sein de la formation politique MLC. Si ce parti a jeté son dévolu sur la personne de Jean-Lucien Busa comme son jocker pour succéder à José Makila, d’autres candidats sont également dans la course, notamment le candidat Baende, vice-gouverneur sortant. Toujours le MLC, pour couper court à toute agitation, a porté son choix sur le candidat Busa et disqualifier avant d’exclure le candidat Bolenge, également du MLC.

Peut-on croire que ce comportement des démobilisés serait lié à la situation politique dans la province de l’Equateur ? Il est encore prématuré de répondre à cette interrogation, nonobstant le rapprochement manifeste des faits.

Ce qui est tout aussi vrai, c’est que les démobilisés pouvaient réagir indépendamment à cette évidence politique. Tout simplement parce que les démobilisés de la province de l’Equateur ne sont pas les seuls parmi les démobilisés à exprimer leur ras le bol devant les mêmes circonstances de faits. Dès lors que le processus DDRRR n’obéit pas à ses principes directeurs d’accompagner les démobilisés jusqu’à leur insertion sociale, le non paiement de leur solde pourrait, au fil de temps, servir de tremplin aux fauteurs de troubles en RDC.

Il y a lieu de prendre les dispositions qui s’imposent de manière à éviter des effets d’entraînement susceptibles d’engendrer des dérapages significatifs.

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