Visite royale en RDC: "encore du temps" pour décider, selon Vanackere

Publié le par Kayembe Lukengu

Le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere (CD&V), a assuré, mercredi 3 février, que le gouvernement avait "encore du temps" avant de répondre à l’invitation lancée par le président congolais Joseph Kabila au roi Albert II à assister aux commémorations du 50ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), le 30 juin prochain à Kinshasa. "Nous avons encore du temps pour réagir", a-t-il affirmé en commission des relations extérieures de la Chambre en dressant le bilan de sa récente tournée en Afrique centrale et en inscrivant son action dans le cadre de la déclaration du 24 janvier 2009, qui a normalisé les relations entre la Belgique et son ancienne colonie, à l’issue d’une grave crise diplomatique. M. Kabila avait annoncé le 19 janvier dernier, avoir invité le souverain belge à assister aux commémorations du cinquantenaire de l’indépendance de l’ex-Congo belge, à l’issue d’un entretien avec M. Vanackere près de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga Le chef de la diplomatie belge a rappelé mercredi qu’il s’agissait d’une invitation orale, dans l’attente d’une invitation écrite qui doit arriver "rapidement" à Bruxelles. Le gouvernement aura alors à se prononcer sur l’aval à donner à une visite royale, qui serait la première depuis celle du roi Baudouin en 1985 au Zaïre, alors dirigé par le maréchal Mobutu Sese Seko. M. Vanackere a ajouté que le gouvernement disposait "encore de temps" pour décider de la réponse à donner. Il a, toutefois, souligné que l’opportunité d’un tel déplacement pouvait toujours être réaxaminée en cas de "déraillement", en réponse à des députés, dont certains ont exprimé leur inquiétude face à l’évolution de la situation en RDC. Dirk Van der Maelen (sp.a) a ainsi évoqué un projet de révision constitutionnel qui pourrait permettre au président Kabila de briguer plus que deux mandats et les problèmes d’organisation des élections générales prévues en 2011. "Vous légitimez un régime corrompu", a, pour sa part, lancé le député Peter Luykx (N-VA), alors que Hilde Vautmans (Open Vld) affirmait soutenir la normisalisation des relations belgo-congolaises mais en réclamant du gouvernement qu’il "parle de ce qui ne va pas" en RDC. "Se taire serait une faute", a-t-elle dit. D’autres élus, comme Georges Dallemagne (CdH) et André Flahaut (PS), ont, en revanche, salué l’attitude adoptée par le ministre. M. Vanackere a répliqué qu’il n’avait évité aucun sujet avec ses interlocteurs congolais, mais souligné que son style était "sans doute plus porté sur le dialogue" (que son prédécesseur libéral, Karel De Gucht, dont le franc parler sur la corruption avait provoqué une crise de neuf mois entre Bruxeles et Kinshasa, NDLR). Il a, enfin, indiqué qu’il avait abordé la question du refus de visa annoncé par le gouvernement congolais envers M. De Gucht pour des propos plus récents, tenus en décembre, devant le Parlement européen en tant que commissaire européen. "Je n’ai pas eu de réaction négative à mon intervention", s’est contenté de préciser M. Vanackere.

Commenter cet article