49e anniversaire : Déclaration de guerre et veillée d’armes vers 2011

Publié le par Dr Lambert Opula

À la nation,

Dès l’aube de la décolonisation, le lien rigide vite établi entre l’individu et la cause a

affaibli la position globale de la nation face aux centres de décision situés à l’extérieur.

Depuis plus de quarante ans, la galère congolaise se développe autour des oppositions

individualisé es : Lumumba-Kasavubu, Kasavubu-Tshombe, Mobutu-Tshombe, Mobutu-

Tshisekedi, Kabila (LD)-Tshisekedi, Kabila (JK)-Bemba. À chaque affrontement, la

solidarité nationale en a reçu un coup, le contrôle externe s’est accentué sur les ressources

nationales et la misère des masses s’est accentuée. Aujourd’hui, le peuple est à génou. Il

est certain que s.il n.y a pas de sursaut, dans douze mois il fêtera le cinquantenaire alité.

Comme il ne pourrait y avoir de redressement durable sans révolution, la structuration de

la lutte pour la réappropriation des outils de notre souveraineté devrait s’opérer autour des

causes et non autour des individus, de leurs alliances et de leurs tribus.

Le 49e anniversaire de l’indépendance étant naturellement célébré à l’approche du

cinquantenaire, c-à-d, dix ans après la durée d’errements du peuple israélien dans le

désert, il est plus que temps de renverser notre Mur de notre Jéricho, sortir de notre

désert. La vraie fête du 49e anniversaire de l’indépendance devrait consister en une

déclaration de guerre contre le tribalisme et la corruption, comme pré requis pour nous

dresser efficacement dans un front uni contre le contrôle externe et le pillage.

Les élites devraient aussi se remémorer le fait que la collectivité nationale ne pourrait

s’affranchir des forces qui se sont imposées à notre peuple que si elles tablaient la

recherche des compromis institutionnels sur les enjeux socio-économiques et politiques

de la majorité du peuple congolais : la défense de la souveraineté et de la nationalité

congolaise, un choix réellement libre entre deux ou plusieurs visions du système

d’éducation, entre deux ou plusieurs stratégies de soins de santé; un choix concerté des

modalités de reconnexion des paysans dans les circuits de distribution des revenus, de la

réhabilitation des infrastructures économiques et de la relance du tissu agroindustriel

national, sans oublier la restructuration du secteur extractif. La finalité pouvant être

l’émergence ultérieure d’une économie nouvelle née d’une alliance porteuse entre

l’agroindustrie et les nouvelles technologies. Cependant, si le potentiel est là pour cela,

les conditions sociologiques, politiques et géostratégiques font défaux.

Un choix concerté est avant tout un produit de l’exercice des libertés dans un cadre où

l’acteur de base est vu et respecté comme facteur élémentaire d’un processus de

développement. Un vrai développement ne peut donc être qu’autoconstruit, ce qui est

antinomique au contrôle externe du cadre de vie et de travail. Le développement du

Congo ne peut se réaliser qu’autour d’un centre de d’impulsion relativement affranchi des

mécanismes d’externalisation du pouvoir décisionnel qui ont façonné le gouvernement

actuel.

Le débat sur les impératifs d’autodisposition politique et d’autoconstruction économique,

axés sur les intérêts de la majorité des Congolais, devrait mettre de l’avant les conditions

de renouvellement de l’élite de gestion sur fond des critères de capacité, de crédibilité et

de leadership requis pour créer une nouvelle dynamique nationale.

Le Congo doit-il amorcer une sixième décennie de laxisme politique, de marasme

économique et de cataclysme social ou amorcer une ère de transformation, en ce moment

où s’opèrent des bouleversements majeurs sur les modes de financement national et

international du développement économique?

Le changement par la force, annoncé par les uns et souhaités ou redoutés par les autres,

n’ayant pas été au rendez-vous, la perspective d’un autre scrutin électoral en 2011 apparaît

incontournable. À l’heure où un pouvoir central excentrique fourbit déjà ses stratégies de

reconduction à la mobutiène, les milieux acquis aux idéaux de développement, parce

qu’ils existent, devraient s’ateler déjà à l’élaboration des stratégies fédératives qui

devraient conduire à l’émergence d’une véritable élite de transformation de l’état

congolais.

Il n’est secret pour personne, la prise de conscience actuelle au sein de la diaspora

congolaise contraste avec l’adhésion inconsciente des administrations collaborationnistes

du Congo profond. Sans mener une lutte farouche de tous les patriotes contre le

tribalisme et le clientélisme, le pouvoir actuel achetera les consciences à coups sûr. Les

élites patriotiques râteraient ainsi l’occasion d’infléchir l’inféodation des cercles de

pouvoir de Kinshasa envers les centres géostratégiques et hégémoniques du FPRRwandais

ainsi que de leurs alliés, les complexes militaro-industriel s britanniques et

nord-américains.

Le 49e anniversaire de la RDC devrait inspirer à tous les compatriotes la nécessité de

mener une lutte sans merci au tribalisme et au clientélisme, comme conditions

sine qua

non

pour la mise en oeuvre d’un large front commun de résistance, un front de Non au

Fraude Électoral

, afin que le peuple congolais puisse se dôter d’une équipe requise pour

la transformation du territoire national et de la société congolaise. Les ressources

humaines pour cela existent, il nous faut vaincre le tribalisme et l’esprit de corruption qui

émoussent leur force.

Fêter le 49e anniversaire de la RDC, c’est avant tout préparer les esprits à la mise en

oeuvre de vastes coalitions des patriotes autour des programmes crédibles et fédérer nos

forces autour d’une coalition du NON.

Bonne fête,

 

 

Pour Hinterland.

Dr Lambert Opula.

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