RDC : On "détourne" partout

Publié le par Arsène

Les mauvaises habitudes ont souvent la vie dure, dit-on. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer ce qui se passe aujourd'hui dans les entreprises du Portefeuille. A croire que le Congolais n'a pitié ni de lui-même ni de son pays. La culture du vol à ciel ouvert ne gêne plus grand monde. Détourner est devenu un sport national. Auquel des responsables s'adonnent sans état d'âme. Quand on a une petite parcelle du pouvoir, on ne se prive pas de beaucoup. Tous les coups sont permis. Pourvu qu'ils rapportent gros, et tout de suite.

Quiconque observe attentivement ce qui se passe dans nombre d'entreprises du Portefeuille ne peut s'empêcher de s'interroger : qu'est-ce qui va rester du peu- déjà très insignifiant- qu'elles possèdent encore dans leurs caisses pavées des trous de tous côtés ? Il n'en restera pas grand-chose si l'Etat propriétaire ne tape pas rapidement du poing sur la table. On crée des occasions partout pour aider les entreprises du Portefeuille à s'engager dans les couloirs qui mènent inexorablement vers leur mort certaine. Le changement de statut juridique de toutes ces entreprises n'a pas entraîné, loin s'en faut, un quelconque changement des mentalités dans le chef de beaucoup de ceux qui les gèrent.

Alors que nombre d'entre elles sont visiblement au registre de la mort, des gestionnaires sans pitié manoeuvrent pour mieux les achever. On assiste ainsi, contrairement aux instructions de la tutelle, aux engagements des nouvelles unités, à des permutations du personnel, à des promotions en grade.

Sans compter la multiplication des missions de service, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, qui peuvent s'étaler sur plus de trente jours. Et pourtant, tout le monde sait, et les gestionnaires en premier lieu, que toutes ces opérations sont formellement interdites pendant cette période transitoire. Il y a là une espèce de défi que certains, qui connaissent bien les faiblesses de notre environnement, s'évertuent à lancer à l'Etat.

Le désordre qui a élu domicile dans beaucoup d'entreprises du Portefeuille, fait craindre des dérapages inopportuns au moment précisément où tout le monde croit qu'elles vont pouvoir soutenir de leurs résultats financiers l'Etat-propriétaire. Erreur. A l'INSS par exemple, les gens pleurent. Ils ne comprennent pas pourquoi le comité de gestion qui est fin mandat s'est autorisé à opérer un mouvement du personnel non budgétisé et très onéreux pour l'Institut. Alors qu'il y a dix directeurs et autant de sous-directeurs sans fonction, les gestionnaires viennent d'ajouter à cette liste de faux actifs, quatre sous-directeurs et un directeur full. Ça c'est un cas. Mais il n'est pas isolé.

Au gonflement des frais de mission sans cause, s'ajoutent toutes ces pratiques qui vident petit à petit les entreprises de toute leur substance financière et immobilière. On détourne tout, et partout, crie l'opinion, scandalisée. La loi, l'argent, les biens sociaux, rien de tout ce qui peut être avalé n'échappe à l'appétit de ceux qui fonctionnent la peur au ventre.

L'Etat doit anticiper. Les audits ne suffisent plus. Il faut faire plus. En ne perdant pas de vue que ceux qui se sentent menacés, ne sont pas dépourvus des moyens. Pour se défendre, et pourquoi pas, pour nuire. Ne jamais sous estimer la capacité des désespérés à s'accrocher à leurs juteuses et mauvaises habitudes. Avec ces pratiques que nous dénonçons, la tolérance zéro est sérieusement mise à rude épreuve. Tout le monde est prévenu.

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