L’OPPOSITION CONGOLAISE EST-ELLE LA PLUS DESORGANISEE ET LA PLUS INSTABLE ?

Publié le par KAYEMBE LUKENGU

Je me permets de poser cette question après avoir fait une évaluation sur ce qui se passe dans le paysage de l’opposition politique, précisément sur le comportement de nos compatriotes qui se sont déjà déclarés candidats aux élections présidentielles de 2011.

Je pense que le candidat qui va aux élections doit avoir le but de gagner et non le contraire. Mais si l’on y va en ordre dispersé, ne peut-on pas penser que l’homme que les candidats veulent battre les a déjà gagnées d’avance ?

 

Comment peut-on être candidat aux élections futures dans la situation actuelle, sans poser des préalables et chercher à réunir toutes les conditions face à l’adversaire ? 

En observant l’homme qui est au pouvoir, rien ne laisse présager que ces élections seront libres et transparentes, car l’absence de démocratie est déjà une entorse et en plus, il n’a jamais amélioré son attitude vis-à-vis de l’opposition. Je fais allusion à son comportement envers les adeptes de BUNDU DIA KONGO et envers Jean-Pierre BEMBA.

 

Les exactions au sein de l’armée, particulièrement, chez les militaires ressortissants de la province de l’Équateur, continuent en se durcissant. Cette attitude montre que cet homme est prêt à tout pour rester à la tête de notre pays. Même avec un bilan négatif, il va se présenter avec un nouveau projet de société pour séduire les Congolais. Bon démagogue, il va promettre et corrompre. C’est dans ce sens qu’il tente de démarrer les travaux à Kinshasa ? Ne soyons pas naïfs ni dupes.

 

Aujourd’hui, à cause de l’absence de démocratie dans notre pays, la presse est muselée, l’armée est politisée. Que reste-il au peuple ? N’est-ce pas le silence et dire Amen ?

 

Dans une campagne électorale, un candidat aux élections présidentielles ne doit-il pas jouir d’une totale liberté d’expression et de mouvement ? Sa sécurité ne doit-elle pas être assurée par l’Etat ? Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous. Ceux qui ont participé aux dernières élections en savent quelque choses. Me Marie-Thérèse Nlandu a été privée de liberté ; les avions du Dr Kashala ont été bloqués à Kinshasa. Bref, le contexte géopolitique, sur le plan international, est favorable à celui qui gouverne actuellement le Congo, parce qu’il facilite le pillage des ressources naturelles du pays pour le compte de ceux qui le soutiennent au pouvoir. Comprenons-le. Dans un tel contexte, il remportera l’élection présidentielle future dans un pays comme le nôtre parce qu’il est hautement stratégique. En revanche, si les patriotes résistants se coalisent, comme le demande sans arrêt la plate-forme dénommée CLD, et s’ils présentent un leadership collectif, face au candidat des Occidentaux, l’utopie deviendra une réalité. Et, pour la première fois, le Congo triomphera. Le rêve de Lumumba se réalisera. Enfin.

Celui qui s’est installé au pouvoir chez nous ne partira pas suite aux élections car il n’acceptera pas sa défaite. Il faut lui opposer une stratégie de maître et ce ne sont pas les bons stratèges qui manquent dans notre pays. Il faut donc agir dès à présent pour l’empêcher de rester éternellement au pouvoir et de continuer à massacrer des Congolais comme des animaux sauvages..

 

Nous avons rêvé en 2006, pourquoi devrions-nous répéter la même erreur ? Le Congo n’a aucune raison de lui accorder une nouvelle chance, alors qu’il se moque éperdument des Congolais qu’il tue (six millions de morts), qu’il arrête et emprisonne sans respecter les droits de l’homme. Nous avons l’obligation d’utiliser une autre stratégie pour bouter cet intrus hors l’Etat et nous sommes capables si nous voulons. Mais nous devons être unis dans un mouvement ou dans une structure qui lutte pour défendre les intérêts du peuple. Nous ne pouvons pas nous permettre qu’un seul individu nargue 60 millions de Congolais pendant plusieurs années.

 

Au printemps passé, en notre qualité de membres du CONGO EN LEGITIME DEFENSE, nous avons été invités au rassemblement de l’opposition iranienne en exil à Paris. Nous avons été émerveillés de voir l’organisation et la détermination qu’ils ont. Ils sont tous unis derrière leur leader, Mme MARYAM RADJAVI. Nous avons passé toute la journée avec eux. A la fin du rassemblement, j’étais personnellement très triste en pensant à mon pays et à la division que j’observe dans les rangs de l’opposition et de la résistance. Peuple congolais, quand atteindrons-nous le niveau de patriotisme que l’on observe ailleurs alors que notre nation est en péril ? Ne luttons-nous pas pour une seule et même cause ? N’avons-nous pas un seul et même ennemi ?

 

Chers compagnons de lutte, bannissons cette culture que nous avons en nous, celle de vouloir toujours être le n° 1. Privilégions, en tout temps, l’intérêt de la nation à la place de lancer des candidatures qui, on sait dès le départ, sont vouées à favoriser l’adversaire. Nous pouvons servir notre pays autrement sans spécialement vouloir être président de la République à tout prix. C’est en nous unissant que nous serons plus forts. En revanche, si nous sommes éparpillés, chaque parti politique voulant faire cavalier seul, cela jettera un discrédit sur nous vis-à-vis du peuple congolais. Et comment parviendrons-nous à rassembler les Congolais dans cet immense pays, qui est le nôtre, avec des importantes diversités ethniques sans construire un leadership collectif ?

 

Répétons-le : Puisque, l’homme qui dirige le Congo est cynique avec les Congolais, nous devons l’être aussi avec lui. Alors, je vous l’assure, il partira dès qu’il aura senti la détermination des résistants congolais qui se mettront à utiliser les mêmes moyens que lui. Il s’impose à nous parce que nous ne lui opposons pas la même violence.

 

Arrivé trop jeune au pouvoir, il a de la peine à comprendre qu’il faut de l’alternance pour renouveler l’équipe dirigeante et changer des idées. Je répète à l’adresse des compatriotes qui annoncent de façon solitaire leur candidature que les élections n’apporteront aucun changement dans le destin de notre pays, car M. Joseph Kabila et son AMP organiseront des fraudes électorales comme en 2006, en utilisant d’autres stratégies ou d’autres moyens auxquels ses commanditaires pensent déjà, comme par exemple la réalisation de quelques projets à la veille des élections pour susciter l’espoir des Congolais qui vont succomber à la démagogie.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article