Le général Nabiola humilié par les militaires ex- MLC casernés dans les enceintes de la Monuc.
Le Général Nabiola humilié par les militaires ex-MLC
Casernés dans les enceintes de la MONUC
Poursuivant leur schéma de « récupération » de tous les militaires ex-FAZ et ex-MLC pour les «effacer» définitivement du tableau, le Général Nabiola s’est rendu ce mercredi 30 juillet à 11 heures dans les enceintes de la MONUC pour s’entretenir avec les 150 militaires ex-MLC qui s’y sont réfugiés après les affrontements sanglants des 22 et 23 mars 2006. Durant 2H45’, l’envoyé spécial de «JK» s’est vainement époumoné à tenter de convaincre ses interlocuteurs visiblement méfiants et hostiles à accepter «la grâce présidentielle» et par conséquent, leur transfert dans les trois centres de brassage à Kitona, Kananga et Kisangani. Après un long discours d’introduction qui n’a convaincu aucun de ses « invités », le Général Nabiola fut soumis à un feu nourri des questions et des remarques pertinentes des «réfugiés militaires congolais» gardés sous la protection de la MONUC avec leurs familles. Parmi les nombreuses remarques faites par le porte-parole du groupe, nous avons retenus principalement trois qui ont cloué le bec au Général Nabiola :
Primo : Les « réfugiés militaires » ont rappelé au Général leur vrai statut de « réfugié » : « La démarche que vous êtes venu faire aujourd’hui n’a aucun sens, parce qu’au lendemain de notre arrivée dans les enceintes de la MONUC, une commission spéciale avait procédé à déterminer parmi nous ceux qui voulaient rester dans l’armée et ceux qui voulaient la quitter définitivement. Sur 150 personnes, 25 avaient accepté de réintégrer l’armée tandis que le groupe de 125 que nous constituons, avait clairement exprimé sa décision de quitter l’armée.
Voilà pourquoi nous nous sommes mis sous la protection de l’ONU en attendant qu’elle nous trouve une terre d’asile »
Secundo : «Depuis la clarification de notre statut, les autorités militaires et politiques de la RDC ne nous considèrent plus comme faisant parti des FARDC. Et pour preuve : depuis 17 mois que nous sommes internés dans les enceintes de la MONUC, nous n’avons plus jamais reçu ni paie, ni visite d’une seule autorité militaire ou civile de la République. Pourquoi cet intérêt brusque et inopiné à vouloir nous ramener (de force?) dans des camps militaires loin à l’intérieur du pays et du regard de nos familles?»
Tertio : Le porte-parole du groupe a présenté à Nabiola une longue liste de leurs collègues et compagnons d’armes «enlevés et assassinés» depuis les derniers affrontements de mars 2006 : « ceux-là qui n’ont pas eu la chance de rejoindre les enceintes de la MONUC comme nous ont été traqués et débusqués dans leurs cachettes, et jusqu’à ce jour leurs familles ne savent pas ce qu’ils sont devenus ». Les militaires ex-MLC ont d’abord exigé de Nabiola des explications sur le sort des disparus avant d’examiner leur propre sort. Un intervenant a même cité le cas d’un enlèvement récent qui est intervenu après la prétendue « grâce présidentielle » : il s’agit du capitaine ex-MLC Thierry Moleke, ancien garde du corps de Mr Ramazani Baya, qui a été enlevé ce lundi 28 juillet (le même jour que l’opposant Gabriel Mokia) alors qu’il participait à la veillée mortuaire du deuil qui a frappé sa famille!
Le Général est resté pratiquement sans voix devant la pluie des questions. Commencé à 11 heures, cet entretien qui avait été prévu pour une heure a pris fin seulement à 14H45’. Epuisé et déçu par l’humiliation qu’il venait ainsi de subir, le Général Nabiola a purement et simplement annulé la séance d’entretien qui était prévu dans l’après-midi avec les prisonniers militaires du Centre pénitencier et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Ceux-ci l’attendent aussi de pied ferme pour débattre des modalités pratiques de leur relâchement et surtout, de leur statut après cette fameuse libération. Car d’aucuns ne veulent plus entendre parler de leur réinsertion au sein des FARDC, et moins encore de leur transfert (suspect) dans un quelconque centre de… brassage !