Archbishop Kutino Fernando : 3 ans De séjour Injuste Au CPRK
Mine de rien, l’Archbishop Kutino a totalisé, le samedi 16 mai 2009, ses 3 ans comme pensionnaire de la prison centrale, le CPRK, et cela tout simplement parce que sa tête ne plaît pas à certains.
Pendant qu’on offre son pardon à ceux qui ont tué, violé, recruté indûment femmes et enfants congolais, on laisse croupir dans les geôles de ce pays un homme dont le seul tort a été d’avoir prévu la catastrophique situation que l’on connaît aujourd’hui et appelé à la prise de conscience de chacun.
En dépit de cet état des choses, c’est un Kutino Fernando serein que nos reporters ont rencontré dernièrement dans les couloirs du CPRK, alors qu’il recevait la visite d’une délégation d’étudiants en droit de différentes institutions universitaires de la place.
Dans un entretien à bâtons rompus, l’homme de Dieu a émis le vœu de voir ces futurs cadres de l’appareil judiciaire national ne pas marcher sur les traces de certains de leurs aînés, qui ont terni l’image des magistrats et juges congolais. Citant en exemple son propre procès, Papa Archi rappelle que jusqu’à ce jour, le numéro de téléphone de Mabosso attend d’être fourni par l’accusation, alors que les juges ont décidé que le contact avait bien eu lieu ! Il est aussi avéré que la description de la voiture faite par le fantomatique Mabosso est loin de correspondre à la réalité de la voiture constatée lors de la descente. On a poussé le folklore jusqu’à affirmer et confirmer la mort de Mabosso, sans en avoir apporté la preuve. Et dire qu’on était au pénal, où les accusations doivent impérativement s’asseoir sur des preuves irréfutables !
A la question d’un étudiant de savoir quels sont ses sentiments, alors que la tournure des événements lui donne raison, l’homme de Dieu dit qu’il aurait préféré avoir tort, la situation de ses compatriotes passant avant la satisfaction personnelle d’avoir vu juste. Tout en déplorant le fait que la Haute Cour Militaire ne semble pas pressé de mettre le dossier sur la table, l’Archibishop ne manque pas d’espérer que ces hauts magistrats ramèneront les choses à leur juste mesure pour redorer le blason terni de la magistrature militaire.
Quant à nous, notre conviction est que les hautes instances nationales doivent donner un signal fort qu’elles veulent se départir de la tendance actuelle, celle d’une justice autre que celle des lois du pays. On ne peut sérieusement prétendre bâtir, rebâtir la nation tout en continuant à commettre des injustices envers des innocents, de surcroit des serviteurs de Dieu. Cela ne peut aucunement porter bonheur.
Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous osons croire que les tenants du pouvoir reviendront à de bons sentiments pour faire justice à Papa Archi et à son compagnon d’infortune, Bishop Bompere.
Nous espérons vivement que ce triste anniversaire sera leur dernier et que leur cri sera entendu : Laissez-nous servir notre Dieu !
Nous y reviendrons !