Haute Cour Militaire :

Publié le par KAYEMBE LUKENGU

Haute Cour Militaire :
L’appel de Kutino dans les oubliettes ?

L’Archibishop Kutino Fernando, sa famille, ses avocats ainsi que ses milliers d’adeptes réunis au sein de son église, l’Armée de Victoire « Message de Vie », se posent des questions au sujet de son dossier judiciaire, présentement en souffrance au niveau de la Haute Cour Militaire. En effet, condamné à dix ans de prison ferme le 02 octobre 2008 par la Cour Militaire de Gombe, à la suite d’infractions liés à l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, à la détention illégale d’armes, à l’incitation à la rébellion, faits qu’il continue de juger infondés, car non étayés de preuves convaincantes, ce ministre de Dieu se dit désolé du blocage, l’acte d’appel qu’il avait relevé contre cet arrêt.

Il n’était pas d’accord avec le verdict assis sur ce que les magistrats militaires avaient qualifié d’ « évidences de la Cour » et s’étonne que sept mois après, la Haute Cour Militaire n’ait toujours pas entamé l’examen de la requête en annulation qu’il avait introduite, solidairement ave ses co-accusés, le bishop Bompere et le jeune Junior Ngandu.

Selon nos sources, une lueur d’espoir a failli poindre à l’horizon lorsque l’organe de la loi a déclaré ladite requête « recevable », dès le mois ayant suivi le dépôt de la requête auprès de la Haute Cour Militaire. D’aucuns pensent que cette juridiction d’exception, au sein de laquelle prestent de juristes de renom, dont plusieurs professeurs de droit de L’université de Kinshasa, allait faire diligence dans le traitement de ce nouveau volet de l’affaire. Hélàs, le sentiment qui se dégage dans l’entourage de Kutino, Bompere et Junior Ngandu est que la Haute Cour Militaire semble prisonnière des pesanteurs politiques qui l’empêchent de faire honneur à son rang.

A force de faire trainer les choses, la magistrature militaire de la RDC pousse lentement et sûrement Junior Ngandu vers la porte de sortie de la prison de Makala, car, dans deux mois, il aura purgé ses cinq années de bagne, alors que sa requête en annulation de la décision judiciaire l’ayant condamné reste pendante. Va-t-on le libérer, sans l’avoir fixé sur son acte d’appel ou le maintenir en prison au-delà du délai légal de son séjour pénitencier ?

Dans ce pays où les discours sur le retour à l’Etat de droit, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’égalité de tous devant la loi, le respect des droits de l’homme, sont très florissants, il est temps qu’ils soient accompagnés d’actes concrets. Pour l’heure, point n’est besoin de constater que l’appareil judiciaire national, civil comme militaire, marche à deux vitesses. Les Congolais attendent notamment voir les hommes de loi donner les preuves qu’ils sont parmi les rares collaborateurs du chef de l’Etat disposés à l’aider à faire bouger les choses dans le sens du changement positif.

A suivre !

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