lettre du Rév KUTINO à la haute cour militaire de la RDC

Publié le par KUTINO FERNANDO

A Monsieur le Premier Président de la Cour Militaire de la Gombe à Kinshasa.

Monsieur le Premier Président,

C’est avec regret et émotion que je constate la lenteur dont mon dossier fait actuellement l’objet sans qu’il ne soit réservé une moindre urgence pour sa fixation à une audience de prosécution de votre cour.

En effet, alors qu’au premier degré le Tribunal de Garnison s’est ménagé une célérité sans faille pour m’infliger par défaut une rapide condamnation sans moindre égard à la forme ni aux droit de la défense ,aujourd’hui que la vérité judiciaire fait éclater son rôle persuasif, tout semble être bloqué expressément.

Il s’avère visiblement que tout est en œuvre pour me laisser croupir éperdument et aussi longuement possible en prison foulant ainsi au pied les droits et libertés fondamentaux inhérents à la personne humaine.

Ce déficit gravissime de l’humanisme ne me concerne pas seul particulièrement, il est aussi déploré dans le vécu de mon co-détenu collaborateur Bishop BOMPERE ainsi que d’un mineur d’âge, enfant de la rue nommé Junior NGANDU, aujourd’hui quasiment moribond sans soin appropriés à cause d’une injustice méchamment orchestrée.

Nous n’en constituons malheureusement qu’un échantillon parmi les milliers de détenus qui, pour la plupart, y passent leur éternité sans même présenter leurs moyens de défense à leur juge naturel.

Il est à noter que ces cas d’inhumanité ont toujours été décriés dans les instruments juridiques internationaux notamment la déclaration universelle des droit de l’homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ratifié par la RDC le 1er novembre 1976 et tous les Etats membres ont souscrit pour l’éradication des pareils comportements surtout qu’il est stipulé à l’article 14point 3c dudit pacte précité que toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, à être jugée sans retard excessif.

Ce qui paraît par ailleurs plus malheureux dans ce dossier, c’est que un montage qui ne dit pas son nom a totalement pris le dessus sur les valeurs sacro saintes régissant toute société humaine au point de me priver au mépris de la loi du bénéfice de la liberté provisoire toujours sollicitée, voire même de la nécessité de mon transfert dans un centre hospitalier équipé afin de recevoir des soins appropriés. Cet état des choses m’a improvisé dans l’automédication car faute de mieux je m’évertue à me soigner moi-même avec tous les risque que cela peut comporter.

Pendant ce temps, les prétendues accusations formulées contre ma personne et les miens reposent sur les procès verbaux monstrueusement irréguliers, sur des déclarations d’une personne fictive nommée MABOSO du reste morte et Dieu seul sait si pareil individu avait la chair et le sang, sans négliger une plainte dont l’auteur en dénie l’initiative sans détour et sans vergogne et ce, publiquement.

Il est donc judicieux, Monsieur le Premier Président, de donner l’occasion au monde entier de découvrir la vérité autour de ce dossier en fixant à l’audience la plus utile de votre cour l’examen du fond de cette cause et par ricochet, je sollicite le concours de toutes les autorités qui me lisent en copie pour parvenir à cette fin.

Je vous prie donc de me permettre de mendier, quémander s’il en faut la fixation de cette cause en vue de faire triompher la justice.

Rassuré de votre prompte réaction à la présente, je vous prie, Monsieur le Premier Président, de trouver ici l’expression de mes remerciements anticipés jumelés à mes considérations les plus distinguées.

- Archbishop KUTINO FERNANDO

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