Réforme des entreprises publiques: Les syndicats s’opposent à Jeannine Mabunda

Publié le par KAYEMBE LUKENGU

L’Intersyndicale nationale du Congo a exprimé son opposition formelle à la reforme des entreprises publiques effectuée par le gouvernement, à l’issue d’une audience que le Premier ministre Adolphe Muzito a accordée mardi aux syndicalistes de cette plate-forme.

Les membres de l’Intersyndicale ont sollicité du chef du gouvernement la suspension de l’application de ses décrets sur la réforme des entreprises.
Le président de l’Intersyndicale nationale du Congo, Symphorien Dunia, s’est déclaré déçu de n’avoir pu obtenir le soutien du Premier ministre sur ce sujet.

’’Nous avons exprimé de vive voix la volonté des travailleurs de surseoir les différents décrets, et de faire l’état des lieux. On n’a pas été entendu. Chacun a gardé sa position’’, a dit le porte-parole des syndicalistes.

De l’avis de M. Dunia, la reforme rendue publique par le ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda Lioko, contient plusieurs incohérences. ’’Le décret s’appelle réforme, mais il n’est pas réforme. C’est la privatisation. Et quand on privatise, quand on vend les entreprises de l’Etat aux tiers, c’est le bradage et la spoliation du patrimoine de l’Etat. Quand l’Etat est spolié, il devient pauvre. Il n’aura pas de budget pour redresser les routes, les écoles ou encore les hôpitaux. Alors que notre Etat se trouve dans une situation socio-politique et économique grave. Il n’y a pas de routes, pas d’hôpitaux, pas d’écoles. N’attendez pas du FMI ou de la Banque mondiale le montant qui viendra faire le travail de notre gouvernement ’’, a dit M. Dunia.

La RDC veut être un Etat régulateur et non un Etat commerçant, réplique Jeannine Mabunda

L’Etat congolais devra se définir à travers la réforme des entreprises publiques comme " Etat régulateur " et non " Etat commerçant ", a déclaré, mardi soir, la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda Lioko, lors d’une conférence de presse à Kinshasa-Gombe.

"L’Etat peut repenser son rôle en étant un Etat régulateur, normatif mais plus un Etat commerçant. Il laisse le rôle de l’Etat commerçant à ceux qui le font mieux que lui, apparemment, le secteur privé, ’’ a affirmé Jeannine Mabunda comme une réponse du berger à la bergère par rapport aux déclarations de l’Intersyndicale l’accusant de privatiser le patrimoine de l’Etat par sa réforme.

La ministre du Portefeuille a à organisé ce point de presse estimant que l’information au sujet de cette reforme n’a pas été bien transmise aux employés et à l’Intersyndicale.

’’Les entreprises avaient reçu mission" de créer des biens et services pour satisfaire les besoins de base de la population et contribuer au financement du budget de l’Etat par le versement de dividendes’’, a renchéri Jeannine Mabunda.

Depuis une trentaine d’années, remarque-t-elle, ces entreprises ne remplissent plus cette tâche. Au contraire, elles sont devenues une charge financière énorme pour l’Etat, a-t-elle poursuivi expliquant que c’est cette défaillance qui justifie le processus de la reforme en cours dans les entreprises publiques.

La ministre du Portefeuille qui a assuré essayer de structurer, d’encadrer le dialogue entre l’Etat - entreprise publique et le secteur privé, ’’pour joindre ensemble nos efforts et re dynamiser ces entreprises’’.

Elle soutient fermement que la réforme des entreprises publiques est bénéfique pour la population qui a besoin d’énergie, d’eau, ainsi que des infrastructures routières.

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